Vice versa

Écoutez votre colère plutôt que de chercher à la maîtriser

 

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Lorsqu’on est maman, il arrive toujours un moment où l’on se met en colère. Quand le petit dernier a repeint les murs du salon avec ses feutres, quand après une journée épuisante passée en famille dans un parc d’attractions, les enfants se mettent à chouiner ou à hurler, quand au retour du travail on retrouve une chambre en bazar, des jouets partout dans le salon et des traces de boue dans toutes les pièces. Un moment où, soyons honnêtes, pendant un quart de seconde, on ne supporte plus ses enfants, où on a l’impression de ne pas être respectée, considérée, où l’on voudrait être ailleurs…
 

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Et on sent cette colère monter, elle vient du ventre, elle enserre le coeur, les mains se crispent, on en tremble presque, on ne voit aucune solution, aucune autre issue que de crier et de s’énerver, de rage et d’impuissance. Parfois, on ne parvient même pas à retenir la main qui distribue claque ou fessée...

Un peu plus tard, on s’en veut, on se déteste, on se dit que ce n’est pas comme ça que l’on veut élever ses enfants, que l’on est pourtant heureuse d’être mère, que ces enfants sont des trésors, des cadeaux et que tout ce dont on rêve, c’est d’avoir des relations apaisées dans notre famille.

Alors on cherche des trucs, des astuces pour gérer, contrôler, maîtriser sa colère. On essaie tous les moyens pour se calmer, pour rester zen, pour garder son sang-froid, pour réfréner cette pulsion malsaine. On lit des livres d’éducation bienveillante (merci Isabelle Filliozat !), on essaie de se maîtriser… et bien évidemment, on craque. Et si, plutôt que de la confiner, la solution était plutôt d’écouter ce que la colère a à nous dire ?

Car la colère, loin d’être une chose abominable dont il faudrait à tout prix se débarrasser, est en fait précieuse !

 

Précieuse ? Allons, et puis quoi encore, tout le monde sait bien que la colère est mauvaise conseillère, que la colère détruit les relations familiales, qu’elle fait du mal à la psyché des enfants etc. ! Mais est-ce vraiment le cas ?...

Si vous n’avez pas encore vu le film Vice-Versa, je vous le recommande vivement, et avec vos enfants ! C’est un dessin animé remarquable dans lequel toutes les émotions sont personnifiées. On plonge dans le cerveau d’une petite fille, Riley, dont la famille déménage et qui perd ses amies et ses habitudes. Complètement désemparée, cette petite fille très joyeuse devient triste, en colère et ne retrouve plus ses repères.

Dans son cerveau, on voit Joie, qui dirigeait les opérations jusque là, chercher désespérément à éloigner Tristesse de la console de commandes. Mais ce n’est qu’à la fin du film que l’on comprend que Tristesse a un rôle très important à jouer, car elle permet à Riley de faire son deuil de sa vie d’avant pour pouvoir se reconstruire, avec le soutien de sa famille.

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Au tout début de ce très beau film, on nous présente rapidement l’utilité de la peur (qui nous prévient du danger), du dégoût (pour éviter ce qui n’est pas bon pour nous, il est associé à l’estime de soi) et de la colère (“Il est très à cheval sur la justice et l’impartialité”). Mais c’est un peu court…

Selon Saint Thomas d’Aquin, qui s’est beaucoup intéressé aux émotions, et ne peut pas être soupçonné d’indulgence pour la colère, la colère est un appétit de vengeance qui « enflamme le sang autour du cœur » et tend à rétablir la justice lésée par le mépris.

Attention, il ne s’agit pas de la vengeance au sens actuel, mais au sens d’un dédommagement moral de l’offensé par punition de l’offenseur, comme on le fait quand un coupable verse une somme à la personne qu’il a blessée ou va en prison.

On se met en colère parce que l’on est révolté par une injustice et que l’on veut rétablir la justice.

  • Quand on se met en colère devant nos murs couverts de dessins d’enfants, c’est parce qu’il n’est pas juste que ces murs, qui étaient beaux et décoratifs, portent des dessins beaucoup moins esthétiques, ou alors parce qu’il n’est pas juste que les enfants s’arrogent le droit de modifier des choses aussi importantes que les murs de la maison sans nous avoir demandé notre avis, à nous les propriétaires de ces murs.

 

  • Quand on se met en colère parce que les enfants pleurent après une journée à Disneyland, c’est parce qu’on leur a beaucoup donné durant cette journée : on a payé des billets exorbitants, on a fait preuve de patience pour qu’ils puissent faire ce qui les amusait, on leur a consacré tout notre temps et toute notre énergie. Et eux font preuve d’ingratitude en pleurant quand il faut s’en aller ! (Bien sûr, il ne s’agit pas d’ingratitude, mais d’épuisement nerveux, simplement c’est souvent comme ça que nous le percevons au fond de nous et c’est ce qui nous met en colère.)

 

  • Quand on se met en colère parce que les enfants ont dérangé ou sali la maison que nous avions pris tellement de temps à ranger, c’est parce que nous avons l’impression que notre travail n’a pas été respecté. Là encore, ce n’est pas juste, et ce n’est certainement pas à nous de ranger ce que, eux, ont dérangé !

Cette soif de justice est précieuse, c’est ce qui nous pousse à ne pas tout accepter, à garder une certaine estime de nous, à reconnaître que nous sommes dignes de respect.

C’est aussi une formidable source d’énergie qui nous pousse au changement.

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Est-ce que Martin Luther King aurait fait ce qu’il a fait si la condition des Noirs ne l’avait pas mis en colère ? Qu’était la Résistance française sinon un mouvement de révolte, et donc de colère face à l’invasion allemande ?

Lorsqu’on se met en colère, on trouve l’énergie d’agir pour défendre ce qui nous tient le plus à cœur. La colère n’est donc pas mauvaise en soi, bien au contraire !

 

Mais attention, la colère n’est pas la violence…

 

Le problème ne vient pas de l’émotion que l’on ressent, qui est neutre, mais de l’expression qu’on lui donne. Et les cris, les claques, les fessées, ne sont pas de bons moyens de l’exprimer, je pense que nous sommes toutes d’accord là-dessus !

L’important est donc de trouver les bons moyens de canaliser cette colère pour en faire une énergie créatrice et pas une source de violence et d’agressivité. C’est d’autant plus difficile que la colère fait agir vite, sous l’impulsion du moment.

“La colère ressemble à ces serviteurs tellement empressés qu’ils courent exécuter les ordres avant de les avoir écoutés en entier et aux chiens qui aboient dès qu’on frappe à la porte sans se préoccuper de savoir s’il s’agit d’un ami ou d’un étranger.” (St Thomas d’Aquin)

Le premier conseil contre-productif que l’on entend souvent (y compris chez Isabelle Filliozat), c’est d’expulser sa colère en frappant sur un coussin dédié. Le problème, d’après des recherches en neurosciences, c’est que le fait d’associer le geste de frapper à l’émotion de la colère renforce cette connexion entre les deux, jusqu’au jour où au lieu d’un coussin, on frappera quelqu’un.

 

 

De même, la loi contre les violences éducatives comme la fessée est à mon avis parfaitement contre-productive : maintenant, lorsqu’un parent se sent débordé et ne sait recourir qu’à la fessée, il ne peut même plus aller chercher de l’aide, en parler librement, de peur de faire l’objet d’un signalement aux Services de la Petite Enfance.

Le débat était sain, il a permis de faire prendre conscience de l’effet des fessées sur les enfants (les livres de Catherine Guéguen sont très éclairants sur le sujet), mais le passage par une loi est selon moi un très mauvais choix.

 

Mais alors comment faire pour canaliser cette colère que l’on sent monter en soi ?

 

Comme proposé dans cette vidéo, un bon moyen d’expulser le débordement d’énergie lorsqu’on est en colère, c’est de faire du sport : du trampoline, ou tout simplement de courir. On ne peut malheureusement pas toujours sortir de chez soi, mais il est facile de s’isoler cinq minutes pour faire deux ou trois burpees ou jumping-jacks.

Une fois le surplus d’énergie dissipé, on peut chercher le véritable déclencheur de la crise de colère. On prend deux minutes de recul, et on fait le tri parmi tout ce qui s’est passé avant cette forte émotion.

Parfois, le déclencheur apparent n’est pas la vraie cause de la colère : par exemple si l’on rentre tard du travail et qu’un collègue s’est approprié l’une de nos idées, on va exploser à la moindre contrariété familiale, alors que la véritable source du problème se trouve au travail.

Donc il faut bien examiner toute la journée et chercher la véritable injustice contre laquelle nous éprouvons le besoin de nous révolter.

Autre point auquel il faut faire attention : nos émotions et nos réactions sont exacerbées par la fatigue. Fatigue physique bien sûr, manque de sommeil, mais aussi fatigue intellectuelle (surcharge mentale) et fatigue émotionnelle. Cette dernière est plus subtile, c’est celle que l’on éprouve typiquement après une journée entière passée avec nos enfants : nous passons toute la journée à contrôler nos émotions et notre attitude pour donner le bon exemple et vivre une belle relation de famille, mais au bout d’un moment notre force de volonté n’est plus suffisante et les barrages lâchent sous le flot des émotions.

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Il est donc important d’apprendre à se recharger et à prendre soin de soi, aussi bien au niveau physique que mental et affectif.

Tout cela est bien beau, me direz-vous, mais quand on est envahi par la colère, le premier réflexe n’est pas forcément de se retirer et de s’isoler un petit moment ! Comment y arriver ?

Essayez cette petite astuce rapide : quand vous sentez le flot de la colère vous envahir, au lieu de serrer les poings ou de lever les bras, ouvrez grand les mains devant vous, paumes vers le haut, bras tendus vers l’avant. Cela vous évitera de renfermer toute cette énergie et de la garder vers vous, ce qui ne ferait que l’exacerber davantage et cela ralentira de quelques secondes le processus d’énervement, ce qui vous permettra de rester rationnelle plus longtemps et de prendre les mesures qui s’imposent, comme de quitter la pièce.

Cette action des gestes sur l’esprit est bien connue mais elle est particulièrement bien décrite par le philosophe Alain : “Comme on ne peut penser quand on a la bouche ouverte, ainsi on ne peut être en colère lorsque l’on tend sa main largement ouverte, la paume retournée vers le haut ; si la colère n’est pas nettoyée aussitôt, c’est que le geste est mal fait. [...] Amusez-vous à mimer des opinions d’un moment, comme font les avocats ; tendez les deux mains en les ouvrant, comme pour recevoir ; vous voilà prêt à tout entendre ; que votre adversaire vous instruise s’il peut ; et même vous lui direz merci ; voilà un homme conciliant. Mais tournez vivement la main, la paume vers le public ; c’est un autre homme qui va parler, et qui a son opinion faite : il ne remettra pas en question ce qui est plus clair que la lumière du jour. Ces gestes sont de gymnastique et presque de danse ; ils modèrent la violence des pensées en même temps qu’ils en changent le cours.”

Ou comme le disent les Anglais : “Fake it till you make it” : faites semblant jusqu’à ce que ce soit vrai !

Bien sûr, au début vous allez y penser alors que serez déjà en train de craquer et de hurler sur votre entourage. Et puis au bout d’un moment vous allez y penser juste avant, et puis encore un peu avant, et encore avant, et de petit pas en petit pas, vous allez réussir à éviter la crise avant qu’elle ne vous dépasse.

Mais surtout, soyez indulgente envers vous-même… Notre tempérament, notre histoire, notre éducation ne nous facilitent pas toujours la tâche et vous n’êtes pas seule ! Rien que le fait que vous soyez ici, sur ce blog, en train de lire cet article, me prouve que vous voulez bien faire et que vous voulez le meilleur pour vos enfants.

Alors non, vous ne deviendrez pas une mère parfaite d’un jour à l’autre et pire encore… vous ne deviendrez JAMAIS une mère parfaite.

Mais vous pouvez être une mère suffisamment bonne et malgré vos imperfections, combler d’amour vos enfants.

 

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Pour vous prouver que vous n’êtes pas seule, je vais vous raconter dans les commentaires l’une des dernière fois où je me suis énervée (c’était pendant l’écriture de cet article, justement, quelle mauvaise ironie…!). Il est difficile d’être vulnérable comme ça, et de me montrer aussi imparfaite, quand beaucoup de mamans me demandent des conseils. Mais je pense qu’il faut avant tout être honnête et reconnaître que, comme beaucoup d’entre vous, je suis sur un chemin et qu’il n’y a pas de ligne d’arrivée… Alors j’apprécierais beaucoup si vous pouviez vous aussi nous raconter l’une de vos dernières colères.

Et la prochaine fois que vous vous énervez, essayez de penser à cet article et si l’une des solutions que je vous propose vous aide à maîtriser vos pulsions, s’il vous plaît, revenez nous le dire, ce sera une immense source d’espoir pour toutes les mamans qui se battent comme vous contre leur colère !

Ne restez plus toute seule !


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Commentaires (14)

montessouricette
  • 1. montessouricette (site web) | 23/05/2018
@Malo : Ah ça, je maudis les Pompotes... Il devrait y avoir une poignée ou un moyen de les prendre en main sans appuyer dessus, ça nous arrive tout le temps aussi.

Je suis vraiment ravie si cet article peut changer votre point de vue sur la colère et vous permettre, ainsi qu'à votre conjoint, de prendre du recul. Avez-vous déjà lu La discipline positive, de Jane Nelsen ? C'est un livre remarquable pour changer ses relations avec les enfants (et à mon sens, bien plus efficace que les conseils de Faber et Mazlish ou Filliozat). Sinon j'ai un livre qui traîne sur mes étagères depuis environ un an mais que je n'ai pas encore eu le temps de lire : Exprimer sa colère sans perdre le contrôle, de Didier Pleux. Pour l'instant, je ne sais pas s'il est bien, mais vu le titre, c'est sûrement une lecture intéressante sur le sujet...
montessouricette
  • 2. montessouricette (site web) | 22/05/2018
@vivik : Oui, les relations sont parfois difficiles quand les frères et soeurs, beaux-frères et belles-soeurs se retrouvent et que les principes éducatifs ne sont pas les mêmes... Il faut s'adapter, mais c'est parfois très pesant de prendre sur soi.

En tout cas, vous avez mille fois raison, la bienveillance commence par soi-même. Sinon, quel exemple est-ce que l'on montrerait à nos enfants pour plus tard ? Qu'il faut être parfait, au risque du burn-out ? Et de toute façon, on ne peut pas fonctionner si on ne prend pas en compte ses besoins à soi.
Stef
  • 3. Stef | 12/05/2018
Bonjour à toutes
montessouricette
  • 4. montessouricette (site web) | 12/05/2018
@Sarah : Merci pour ce très beau témoignage, ce n'est pas toujours facile de se dévoiler. C'est vrai qu'on reproduit souvent ce que l'on a connu, et qu'il n'est évident de naviguer entre l'éducation reçue de ses parents, son tempérament, son désir de paix et de relations apaisées... Mais je suis convaincue que l'essentiel n'est pas de jamais tomber, mais de toujours se relever, comme vous le faites. Je trouve votre parcours très beau.

Et merci de mentionner Jane Nelsen, j'apprécie aussi beaucoup l'éducation positive (bien plus que l'éducation bienveillante d'ailleurs, mais c'est encore une tout autre histoire) et c'est une excellente référence pour toutes les mamans qui passent ici !
montessouricette
  • 5. montessouricette (site web) | 12/05/2018
@Didine : Oui, on se demande toujours quelles traces ça aura laissé. Les enfants sont très résilients mais malgré tout, on essaie de tout faire pour qu'ils grandissent dans une atmosphère de paix et d'amour, et on a peur que ces crises ponctuelles viennent tout gâcher. J'ai essayé de leur expliquer et de leur dire que j'étais désolée, j'espère qu'ils en retireront surtout l'impression que personne n'est parfait mais que ça ne m'empêche pas de les aimer de tout mon coeur.
montessouricette
  • 6. montessouricette (site web) | 12/05/2018
@Mimine : La pression sociale... On a toujours l'impression d'être jugée, de mal faire, même si chez soi on se débrouille finalement plutôt pas mal !
montessouricette
  • 7. montessouricette (site web) | 12/05/2018
@Papillon : Ah oui, le manque de sommeil, c'est comme un accélérateur de particules : on passe du simple agacement à la grosse colère en un quart de seconde... Et c'est justement quand on est fatiguée qu'on a plus de mal à remplir les réservoirs affectifs de nos enfants en amont, et comme ils ne reçoivent pas d'attention positive, ils se débrouillent pour en récupérer à tout prix, même si elle est négative... Il est évident que vous ne pouvez pas rester à ne rien faire quand votre aîné tape son petit frère, et c'est si dur de rester zen dans ces moments-là !
Malo
  • 8. Malo | 12/05/2018
Bonjour et merci,

J’ai appris la patience avec mon fils. Et je suis naturellement bienveillante. Mais ce matin j’ai perdu patience quand je venais de l’habiller entièrement et qu’il a appuyé sur sa pompote et que j’ai dû tout nettoyer et le changer entièrement. Alors j’ai crié. Et je lui ai dit que c’erait des bêtises. Et 2 sec après je lui ai expliqué que j’avais crier parce que j’étais en colère de devoir tout nettoyé alors qu’on était prêt à sortir.
Mais ce que je trouve intéressant dans cette article c’est la notion d’injustice. Je n’avais jamais envisagé la colère de cette façon. Alors merci.
Mon conjoint se met souvent en colère et très brutalement et excessivement. Comme cela a été très bien dit c’est lié à son passé et son éducation. Mais il se trouve complètement démuni face à ça. Je vais lui faire lire l’article et si vous avez des livres à ce sujet à me conseiller je suis preneuse.
vivik
  • 9. vivik | 12/05/2018
Bonjour tout le monde :D

Alors je suis 'soulagée' de lire ce genre d'article :D merciiii il est vrai que çà déculpabilise beaucoup.. de se dire qu'on n'est pas seule... car oui à lire tout ces beaux commentaires, blogs, livres.. on se culpabilise beaucoup beaucoup :/
on essaie de faire au mieux et oui nous ne sommes pas de mauvaises mamans , juste des humains :D qui oui peuvent manquer de sommeil, avoir 1 humeur différente chaque jour selon les ressentis...
je suis maman de 3 loulettes en IEF, 5.5ans et jumelles de bientôt 4ans.. et ouiiii j'avoueee je suis fatiguée parfois :D et j'élève la voix et je compte jusque 3 et j'en ai assès de voir tout trainer, passer derrière.. de ressentir le jugement des autres...
je reviens de vacances et oui il n'y a pas la même éducation chez les autres, ma belle-sœur n'aime pas qu'1 des filles se servent du pain seule par exemple.. qu'on les laisse "choisir" le moment d'aller se coucher, qu'elles sont 'libres' de rester à table ou non (gérer leur appétit) ... on y travaille en expliquant que chaque famille a des règles différentes.. encore difficile pour elles de tout assimiler :)
on nous a fait la remarque d'être 'trop' à l'écoute des filles, de rester avec elles le soir pour dormir (20mn max) d'écouter leur colère...
breffff...

mais j'ai vu 1 vidéo qui m'a "parlé" sur la colère des parents :) Noémie de St sermin qui explique :
on cherche la parentalité positive, la bienveillance... oui c'est "beau" mais il faut l'être en 1er avec nous même :)
il faut traiter le problème de fond :) nous même en fait... car l'exemple qu'elle donne m'a "illuminé"
lorsqu'on a mal à une dent, on prend 1 efferalgan pour la douleur, çà calme sur le moment... mais çà revient... il faut alors traiter le problème de fond de la dent (voir dentiste, si abcès etc etc..)
efferalgan = livres, blogs...
dentiste = travail sur nous même, pourquoi sommes nous ainsi (cf neurones miroirs)

on est rentrés cette nuit, rien rangé encore.. valises etc etc filles au jardin, elles ont repris leurs 'bonnes' habitudes, les affaires en vrac, ma loulette 3 gouttes dans la culotte toutes les heures... juste avant d'arriver aux toilettes..
tout va bien.. zennnn :D

belle journée les supers parents :D
Sarah
  • 10. Sarah | 12/05/2018
Bonjour à tous et à toutes,
Ayant grandi dans un climat où la colère et la violence verbale était le moyen de communication privilégié, j'avais très peur de ma propre colère qui, une fois déclenchée, pouvait me dépasser complètement. J'ai donc longtemps cherché à prendre sur moi pour ne pas entrer dans une de ces colères.
Ayant lu beaucoup d'ouvrages sur la parentalité positive, sur le fonctionnement cérébral d'un enfant, je me disais que j'étais une adulte avec cerveau pré-fontal bien fonctionnel et que je pouvais prendre du recul, prendre sur moi. Mais au bout d'un moment, il n'y avais plus de place dans ma cocotte pour tous ces refoulements et ça explosait.
J'ai ensuite compris que je devais accepter et apprivoiser ma colère, en sentir monter les premiers signes pour pouvoir agir à temps. De plus en plus, j'arrive à sentir les signes à temps (mais ce ne fut pas le cas au début) et je l'exprime aux enfants : "Ce comportement m'agace, je sens ma colère monter. Il faut que nous trouvions une solution." Parfois, le simple fait de l'énoncer suffit et les enfants vont faire ce que je leur avais demandé. Parfois, non. Alors j'essaye de me mettre à leur place, de comprendre leur point de vue, de leur exprimer et de chercher une solution qui nous conviennent à tous.
Mais en cas de fatigue ou de stress (c'est l'heure de partir), les automatismes héritées de mon enfance et de la culture dominante reprennent le dessus. J'ai expliqué tout ça aux enfants. Nous avons convenu que s'ils sentaient que je partais dans mes automatismes de colère, ils me le diraient. Ils le font parfois et je redescends rapidement.
Voilà où j'en suis après plusieurs années. Au début, on ne prend conscience de sa colère, de son côté improductif, qu'une fois la colère passée, puis de plus en plus tôt. En l'expliquant aux enfants, je leur montre qu'il faut du temps pour déconstruire des automatismes, qu'on avance à petits pas mais à force de persévérance, on arrive petit à petit à être plus en accord avec soi.
Chaque difficulté que nous vivons est une opportunité d'apprentissage que je partage souvent avec les enfants.
On vient de me parler du modèle cerveau main dont nous allons regarder la vidéo sur you tube en famille. Et nous allons intégrer ce geste à notre communication pour nous avertir les uns les autres quand notre cerveau pré fontal est déconnecté.

Pour beaucoup, nous avons grandi en niant nos émotions, en refoulant nos ressentis, les réapprivoiser demandent du temps.
Et quand je dérape, j'en reparle toujours avec mes enfants. Je m'excuse, je parle de mon ressenti, je demande à mes enfants ce qu'ils ont ressenti, je reconnais ma part de responsabilité et nous cherchons comment réagir la prochaine fois.
Après plusieurs années, je trouve des façons de fonctionner qui conviennent à moi et à ma famille.
Les enfants sont de formidables déclencheurs de changement pour nous les parents et ce chemin sur moi est vraiment épanouissant.
Pour ma part, le livre sur la discipline positive de Jane Nelsen est celui qui m'a le plus aidé à trouver un juste équilibre entre fermeté et bienveillance.
Je vous souhaite à tous un beau cheminement avec vous même et vos enfants.
Didine
  • 11. Didine | 12/05/2018
Bonjour, merci pour cet article très intéressant. Mes 3 enfants ont quitté l'âge de la petite enfance depuis longtemps, mais je me souviens avoir eu une période, juste après la naissance de ma cadette, où je me sentais complètement incapable de m'occuper de mes enfants, de la maison. Mon aîné qui n'avait alors que 2 ans était dynamique et je ne savais plus où donner de la tête. Le résultat fut une période, heureusement courte, que je regrette encore 16 ans après : il y eut des fessées et des cris. C'est en discutant dans un lieu d'accueil parents-enfants que je fréquentais régulièrement que j'ai réussi à reprendre pied, et à retrouver une relation plus paisible et tendre avec mon fils. J'ai beaucoup culpabilisé, ces fessées n'allaient pas dans le sens de l'éducation que je voulais donner à mes enfants. J'ai réussi à m'apaiser et lors de la naissance de ma benjamine, tout s'est mieux passé. Il n'en reste pas moins que je me demande souvent si mon fils se souvient de cette période difficile.
Mimine
  • 12. Mimine | 11/05/2018
Cet après midi.. E. s’est pris une petit tape sur la jambe parce qu il jouait ds les graviers dans le jardin et que ça incommodait sa tante et sa mamie.. en vrai je regrette puissance mille parce que j’ai agit sous l’effet de l’agacement.. j’en pouvais plus d’entendre sa tante et sa grand mère lui crier qu’il n’etait Pas gentil, qu’il salissait ses chaussures, qu’il serait tout sale, que ceci, que cela juste parce qu il soulevait de la poussière avec ses pieds.. du coup il ne s’arretait pas et elles y allaient de plus bel dans leurs commentaires en attendant évidemment que je réagisse.. chose faite.. il s’est pris une tape... alors que quand nous sommes seuls, il a le droit d’explorer tout le jardin et de faire toutes les betises qu il veut des qu’il ne se met pas en danger.. on a tous donné des coups de pieds ds des graviers’ petits.. on est tous rentrés sales chez nous.. bref.. en vrai c’est aux 2 adultes que j’aurai dû donner la tape tiens.. enfin bon voilà.. je sais désormais à quoi faire attention..
Papillon
  • 13. Papillon | 11/05/2018
Merci Anne-Laure pour cet article. Il est en effet très dur de garder son calme H24 avec des enfants, notamment en bas âge, quand le sommeil est insuffisant. Pour ma part, je le sais, quand je manque de sommeil la moindre contrariété me fait sortir de mes gonds. Et les enfants le savent aussi... il m'arrive encore trop souvent de hurler et de trainer l'ainé dans chambre pour éviter de lui donner un gifle (qui serait mon réflexe premier) quand je le vois taper son petit frère ou sa petite soeur, probablement tout simplement parce que sa journée a été difficile et qu'il cherche à attirer mon attention, ce qu'il obtient avec brio en tapant. Bref, je vais méditer ce que tes paroles... et tenter de faire quelques pas de plus vers la graal de la bienveillance à toute épreuve.
Merci encore,
Une mère pas parfait du tout (qui a beau avoir lu filiozat, gegen, faber et mazlish et autres consorts...)
Anne-Laure des Montessouricettes
  • 14. Anne-Laure des Montessouricettes (site web) | 11/05/2018
Voici comme promis l'histoire de ma dernière crise de colère : cela fait des jours que je voudrais finir cet article et que je ne trouve pas le temps. J'avais une plage de travail prévue tôt ce matin mais ma petite dernière, qui a 8 mois, s'est réveillée plusieurs fois cette nuit et je n'ai pas eu la force de me lever. J'ai donc décidé de finir cet article pendant notre plage de travail d'instruction en famille. Les enfants travaillent de manière générale en autonomie.

Mais S., qui a trois ans et demi, n'était pas d'humeur à travailler seul ce matin (il est en pleine période d'explosion au niveau du langage et de tout un tas de choses, il grandit donc beaucoup et a besoin de sentir qu'il est toujours mon petit garçon). Je lui ai donc proposé un premier travail, puis un deuxième et troisième, et à chaque fois je suis revenue derrière mon ordinateur. Il a alors décidé de venir distraire son grand frère de 8 ans.

Là où j'aurais normalement dû intervenir en douceur, en allant le voir et en le ramenant doucement à son travail, je lui ai parlé depuis mon ordinateur, en lui disant qu'il ne devait pas déranger son grand frère. Il a recommencé, une fois, deux fois, évidemment pour attirer mon attention, et j'ai fini par m'énerver et crier : "Ça suffit, je dois travailler, et toi aussi, tu retournes à ton travail ! Tu laisses F. tranquille tout de suite !" Et comme il ne bougeait pas et que je n'en pouvais plus d'être interrompue dans mon travail, je me suis mise à compter jusqu'à 3 d'un air menaçant. Il s'est dépêché de revenir travailler à 2, mais je ne sais pas ce que j'aurais fait si j'avais atteint 3...

Plusieurs précisions : - ce n'est pas la pire crise de colère que j'ai vécue, mais c'est la toute dernière, et comme vous le voyez, elle date de ce matin...
- je sais que c'était une erreur de ma part et que c'était parfaitement contre-productif
- je ne crois pas pour autant être une mère abominable, j'ai appris à accepter ces imperfections et à les voir comme un rappel que j'ai encore beaucoup à apprendre
- ici c'est un espace sûr : je supprimerai sans scrupule le moindre commentaire désobligeant envers une maman sur ce billet. Et jamais je ne vous jugerai pour les crises que vous avez vécues. Si vous êtes prête à aider d'autres mamans comme vous à voir qu'elles ne sont pas seules, vous pouvez témoigner ici sans avoir peur d'être jugée ou critiquée.

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